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Interview : Anders Landelius de Dead Soul – La Rochelle – 06/02/2016

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Lors de leur passage à La Rochelle, en compagnie de Ghost, le duo suédois d’électro / blues / rock / post-quelque-chose nous a reçu pour une interview.

Jack 3.5mm : Est-ce que vous nous pouvez présenter Dead Soul en quelques mots ?

Anders Landelius : Et bien nous avons commencé en 2013 quand nous avons sorti notre premier album, même un peu avant en fait en 2012 quand nous avons réalisé notre premier single. Niels et moi avons commencé à travailler ensemble quand il a produit un de mes albums solo, parce que je joue du blues depuis maintenant 20 ans. Je pensais que ce serait intéressant de travailler avec quelqu’un qui ne vient pas du blues, et quelqu’un de beaucoup plus jeune que moi, qui pourrait apporter de la nouveauté à travers des sonorités et des samples électroniques.
Cet album que nous avons fait ensemble (The Darkness) a eu beaucoup de succès et nous avons pensé que c’était super sympa de travailler ensemble. Et c’était super rafraîchissant pour lui de travailler avec quelqu’un qui a autant de sources/de racines que moi, pour moi c’était vraiment sympa de travailler avec quelqu’un de plus jeune qui a autant d’énergie et de passion pour la musique.
A partir de ce moment, c’était plus ou moins un heureux hasard de circonstances, on a joué une chanson à Anders Fridén du groupe In Flames, Niels l’avait rencontré lors de sa tournée avec Ghost en tant que tour manager. Et il nous a tout de suite proposé un contrat pour un album genre : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? On ne sait pas vraiment, c’est nouveau« . Donc c’était une question de quelques mois, nous n’avions toujours pas de nom jusqu’à ce qu’on joue pour Ghost la première fois.
On aime explorer la musique, et nous ne voulons pas nous considérer comme un groupe de hard rock, de blues, ou electro… Chaque nouvel album est un nouveau chapitre, pour le moment nous ne savons pas quel sera le prochain album et c’est exactement la manière dont nous le souhaitons.

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Jack 3.5mm : Niels et toi venez d’horizons musicaux différents, comment vous arrivez à travailler ? Est-ce que tu écris tes textes en premier et les donnes ensuite à Niels ?

AL : Le premier album s’est fait de cette façon, à la base, on pensait qu’on allait faire un nouvel album pour Slidin’ Slim qui est mon nom de scène blues. Au début, nous sommes allés beaucoup trop loin pour que cet album soit apprécié par le public blues. Mais on s’est vite rendu compte que c’était plus sympa de faire de la musique sans s’imposer les limites d’un style. Donc le premier album était plutôt du genre : mes chansons, “détruites” et modifiées par Niels. Mais en réalisant le deuxième album (The Sheltering Sky) nous avions une idée plus concrète de ce en quoi consistait Dead Soul, c’était à la fois plus simple et plus difficile à faire parce que Niels et moi avions fait un effort pour composer et écrire ensemble. Il écrivait et j’y ajoutais mes guitares et ma voix, et je pense que nous avons trouvé un moyen de travailler ensemble qui reste plus ou moins le même.
En tout cas, ce que nous essayons toujours de faire c’est de composer des musiques qui peuvent être jouées en set acoustique en premier, j’aime bien l’idée de jouer autour d’un feu de camp. Parce que je pense que c’est la composition qui est la partie la plus importante. Parce que même si tu fais beaucoup de chose en production ensuite, le principal c’est d’avoir à la base une bonne chanson parce que si tu n’as pas de bonne chanson les gens se lassent rapidement.
J’écris toutes les paroles parce que c’est quelque chose que j’ai besoin de faire, je ne peux pas chanter les mots de quelqu’un d’autre.

 

J35 : La plupart des paroles sont inspirées de thématiques blues ?
AL : Je suis vraiment fasciné par tous les thèmes traités dans le blues, parce que le blues est le miroir de la vie, il n’y a pas vraiment de métaphores mais ça va droit au but, au coeur. Tu chantes ce que tu ressens et tu l’exprimes de manière directe, c’est ce d’où je viens mais je suis également très intéressé par… Je veux dire depuis que j’ai commencé à faire de la musique, ça a toujours été comme une thérapie pour moi. J’avais besoin de pouvoir rester sain d’esprit et de digérer mes émotions, je veux dire je suis chanceux de pouvoir composer de la musique, c’est beaucoup plus facile, lorsque j’ai écrit les paroles du premier album je vivais une période très sombre de ma vie et le fait de pouvoir écrire ces chansons cela m’a permis plus facilement de m’en sortir. Ça vient du fait d’être une personne créative et de composer, c’est vraiment important pour moi. Dans tous ce que j’ai écrit, tout ne provient pas seulement de mes expériences mais ça reflète aussi d’où je viens. Par exemple, être un homme est une source d’inspiration sans fin parce que tu traverses tellement d’épreuves, quand tu vieillis, tu es parent et  tu as d’autres soucis concernant ton enfant et quand celui-ci devient adolescent tu vois la souffrance que tu as toi-même pu ressentir et du coup tu te sens un peu inutile.
Mais sinon, la littérature est plus ou moins la chose d’où je tire mon inspiration en ce moment.

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J35 : Est-ce qu’il y a une thématique particulière autour de votre nouvel album « The Sheltering Sky » ?
Finalement, oui. Je ne pensais pas que cet album tournerait autour d’un thème particulier, mais j’ai découvert en bossant sur les paroles ma fascination pour tout l’aspect du bien et du mal, de la lumière et des ténèbres, le fait d’être un homme se développait de plus en plus… Je veux dire dans notre premier album The Darkness c’était plus ou moins le noir total, il n’y avait pas d’espoir, pas de vie… Mais je me suis rendu compte que c’était pratiquement impossible pour un être humain d’être toujours bon, de toujours s’éloigner du côté obscur, mais il faut juste trouver un compromis entre les deux. Qu’est ce qu’une bonne personne ? Qu’est ce qu’une mauvaise personne ? Selon moi, les mauvaises personnes n’existent pas. Mais c’est très intéressant de suivre cet aspect, tu apprends à te connaître, à te comporter dans certaines situations, comment tu changes plus le temps passe, la lutte… je veux dire la plupart des gens veulent être (…), parce qu’ils le peuvent. Et après une certaine période de ta vie tu peux voir que tu as changé, tu as beaucoup appris, et avec un peu de chance tu deviens une meilleure personne mais des fois tu te retrouves sur le mauvais chemin, à faire des choses qui ne sont pas biens pour toi . C’est ce pourquoi je suis heureux avec The Sheltering Sky comparé à The Darkness, je suis également dans une meilleure position que celle dans laquelle j’étais pendant The Darkness. C’est ce que j’aime aussi dans la littérature, quand une personne peut trouver des choses qui reflète ce qu’il ressent, je trouve ça super !

J35 : Quels artistes vous inspire ?
Je suis surtout très fan du vieux blues, comme Robert Johnson, Son House, Big Joe Williams, le blues des années 30 et 40 mais j’apprécie aussi la scène de Chicago Mary Wilson, Howlin’ Wolf, tous ces musiciens. Et aussi, des artistes comme Otis Redding et tous les grands chanteurs de soul. Mais je ne suis pas inconnu à la musique actuelle, même si on dirait que la seule chose que je fais c’est écouter de la vieille musique. Une des choses qui fonctionne avec Niels c’est qu’il me fait découvrir de nouvelles musiques que j’essaie d’écouter, et je m’intéresse de plus en plus à la musique électro. Il y a beaucoup de groupes allemands qu’il apprécie comme Moderat, Modeselektor. Je pense que c’est très inspirant d’essayer d’écouter de la musique totalement différente de celle que tu pourrais aller t’acheter en temps normal. La chose la plus importante est qu’à partir du moment où je sens qu’il y a beaucoup d’honnêteté et de coeur dans une musique je suis ouvert à l’écouter.

J35 : Qu’est-ce que vous pensez du public français ?
J’avais beaucoup d’attentes quand nous sommes venus la dernière fois en décembre, les circonstances durant lesquelles nous avons joué nos premiers concerts en France étaient assez exceptionnelles à cause de ce qui c’était passé au Bataclan. C’était très émouvant de jouer en France et j’étais très inquiet au départ, parce que lorsque nous avons joué la même nuit à Stockholm, nous sommes descendus de scène, nous avions joué pour un public plus nombreux qu’à l’habitude environ 3500 personnes, et je me souviens avoir pensé à propos de Paris “Non, putain !« . Nous étions très affectés, c’était très émouvant mais et en même temps j’étais très inquiet de la manière dont cela affecterait les possibilités de jouer et d’aller sur scène, si les salles de concert venaient à fermer, ou si les gens choisiraient de rester à la maison. Pour moi, la réaction la plus naturelle à avoir quand tu apprends ça c’est « je veux aller sur scène, et si possible, à Paris ! ». C’est ce que j’ai ressenti et quand nous sommes finalement venus jouer à La Cigale c’était sans doute l’un des plus grand et émouvant concert que j’ai jamais fait. J’étais tellement heureux de pouvoir être là-bas, de recevoir un bon accueil du public et ainsi de faire partie de quelque chose de plus fort que la musique, prenant en compte l’importance de jouer sur scène et que les gens puissent sortir et s’amuser. Je sais qu’être un groupe de première partie, peu importe le lieu où tu joues en France, je veux dire nous sommes conscients que la majorité des gens viennent pour l’artiste principal mais avec Ghost nous sommes amis depuis un bon moment, ils nous traitent très bien et nous sentons que le public de Ghost n’est pas conventionnel, ce sont des gens ouverts d’esprit. Donc, ça se passe vraiment bien, et même davantage depuis ces derniers jours, nous nous amusons vraiment beaucoup et les gens semblent apprécier ce que nous faisons donc je suis heureux !

Dead Soul @ La Sirene (La Rochelle) - 06 fevrier 2016 - Crédits photo : Fred B. - http://www.fb-photographe.com/

Dead Soul @ La Sirene (La Rochelle) – 06 fevrier 2016 – Crédits photo : Fred B. – http://www.fb-photographe.com/

J35 : Actuellement, vous tournez avec Ghost…
Oui nous allons continuer en Autriche et en Allemagne, nous les suivrons jusqu’au 21/23 février.

J35 : Vous avez des projets pour les mois à venir ?
Nous avons beaucoup de projets, on espère pouvoir tourner et revenir en tant que tête d’affiche, ce serait génial de jouer à des festivals bien sûr et nous voulons continuer à sensibiliser les gens à Dead Soul donc ce serait la meilleure manière de le faire. C’est à peu près l’essentiel de notre projet, on parle également de plus en plus désormais du prochain album, on espère pouvoir retourner rapidement en studio et commencer à enregistrer aussi vite que possible.

J35 : Vous avez déjà des idées concernant ce nouvel album ?

Oui nous avons réécouté des chansons que nous avions choisi de ne pas enregistrer sur le dernier album nous avons pas mal de trucs sympas que nous souhaitons faire, nous sommes enthousiastes avec tout ce nous pouvons faire.

J35 : Merci beaucoup Anders, on espère se revoir très bientôt 🙂

Plus d’infos sur Dead Soul :

Facebook : https://www.facebook.com/deadsoulofficial

Web : http://www.dead-soul.com/


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https://twitter.com/PresciHelsinki

Après avoir passé 7 ans à Helsinki où elle travaillait pour Metal Sickness, Prescillia contribue régulièrement sur Jack 3.5mm en écrivant des chroniques d'album, live reports et interviews de groupes. A côté de ça, elle est étudiante en Master Web éditorial à Poitiers et bientôt chargée de com' auprès de groupes.

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