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Les plaisirs coupables de la rédac : part. 1

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Avec ces périodes de confinement, de déconfinement, reconfiture, etc., j’ai eu tendance à revenir aux fondamentaux qui ont forgés ma culture musicale. J’aimerais vous dire qu’il n’y a que la crème de la crème, des choses undergrounds, d’avant-garde, des choses on ne peut plus respectable. De fait, qui peut dire de sang-froid, en regardant son interlocuteur dans le blanc (enfin, selon l’interlocuteur) des yeux qu’il ne rechigne pas à écouter un petit Modjo à l’occasion ?

Pour être tout-à-fait honnête, j’avais pensé d’abord publier cet article sous un faux compte, ou simplement utiliser celui de Pierre pour éviter les retombées. Mais au final, à quoi bon : on peut simplement faire passer tout ça sous l’étiquette des plaisirs coupables, ça sert à ça.

Voici une première sélection honnête de plaisirs inavouables qu’on s’interdisait de poster jusque là, entre un fond de nostalgia et des arguments concrets pour étayer un goût que certains pisse-froids jugeront certainement douteux. Soyons d’accord, ici je n’ai mis que des choses « sérieuses », laissant de côté les morceaux qui ne sortent qu’après plusieurs unités d’alcool.

Rhapsody

Pas Rhapsody of fire ou Luca Turilli’s Rhapsody, non, le groupe original. Alors oui, les dragons, les chevaliers, les chemises bouffantes, le chant lyrique avec une pointe d’accent italien, dur d’assumer son goût pour Rhapsody dans les cercles musicaux confirmés. Ça passe si vous êtes à un tournoi de Magic ou en train de lancer les dés sur un décor de Warhammer, mais sinon ?

Il ne faut quand même pas oublier, en dehors de ses aspects heroic-fantasy des années 90, que Rhapsody (avec ses albums fondateurs – Symphony of Enchanted Lands, Power of the Dragonflame, Dawn of Victory, etc.) reste un monument du métal symphonique et un passage obligé pour quiconque voudrait découvrir le style. Alors oui, beaucoup d’emprunts à Yngwie Malmsteen, tant au niveau vestimentaire que musical, avec une musique tonale – classique – qui ne fait pas trop rock’n’roll. Un plaisir subtile, délicat, mais quand même bien régressif.

Avenged Sevenfold

Si vous m’aviez dit, il y a 10-15 ans, quand Avenged Sevenfold était à l’apogée de sa gloire, que je le mettrai dans cette liste, je vous aurais gentiment ricané au nez. Dans la mesure où j’étais pas trop branché mecs qui se mettent du mascara comme ça se faisait beaucoup à l’époque (Bullet for my Valentine, Atreyu, etc.) et chanteurs mélo, j’ai laissé de côté.

Mais j’y suis revenu, la mode étant passée, je pouvais enfin écouter A7X (comme disent les jeunes) sans vergogne (avec un casque quand même). Il faut quand même dire que depuis tout ce temps, le groupe a su rester productif tout en restant droit dans ses bottes : un peu de métal, un peu de hardcore, tout ça dans un carcan pop – sur la construction des morceaux, et de musique tonale (que l’on retrouve quasiment, en partie, dans tous les morceaux). Dit comme ça, ça fait pas envie, mais A7X a su se créer une identité musicale autour de ça. Ajoutons à ça un excellent guitariste (et musicien d’exception), qui pioche allègrement dans du classique, jazz, jazz manouche, pour se flatter l’oreille, de temps en temps, avec des soli très attendus mais bien amenés. Comme un bon éclair au chocolat 70% : vous aurez pas la claque de votre vie, mais ça fait du bien par où ça passe.

Erasure, Pet Shop Boys et Bronski Beat

Pour faire simple, je regroupe là une grosse partie de la synth-wave anglaise des années 80, mais pas aussi avouable et branchée que Depeche Mode. Il y a pas mal d’anecdotes à raconter sur Jimmy Summerville (Bronski Beat) ou encore Vince Clarke (Erasure, et précédemment Depeche Mode), mais passons, on pourrait faire plusieurs articles là-dessus.

Si on se penche sur cette scène, je trouve qu’il y a pas mal (dans l’ordre) :

  • de morceaux improbables
  • de clips perturbants
  • de gimmicks
  • des arrangements discutables

Mais n’est-ce pas là au fond la recette pour créer des univers musicaux intéressants ? C’est vraiment comme si les musiciens de cette scène ne se donnaient aucune limite en terme de composition.

Jean-Michel Jarre

Alors, parmi les vérités absolues, on peut citer : la mort, les impôts et passer pour une tâche si vous avez le malheur de dire que vous aimez bien Jean-Michel Jarre. Il y a des arguments solides : la harpe laser, des tentatives de comebacks foireuses et Oxygene pt. 4 qui a tourné en boucle pendant vingt ans dans les fêtes foraines.

Alors oui, les tubes de Jean-Michel Jarre sont datés. Oui, ils ont été repompés jusqu’à la moelle depuis plus de 30 ans. Mais c’est ce qu’on appelle la rançon du succès. Parce que de l’autre côté, il ne faut pas oublier, Jean-Michel Jarre c’est : un sens certain de la composition et de l’arrangement, qui mettent de nouveaux instruments électroniques sur le devant de la scène, sans pour autant tomber dans la démo (enfin, parfois si quand même). En terme de création et de travail du son, également, c’est toujours un plaisir d’écouter Equinoxe ou Oxygène sur du bon matos en vinyle (le charme de l’électro analogique). J’ai plus de mal avec les plus récents (les Chants Magnétiques et après) ou on ne retrouve plus tellement ce côté là. Par exemple, Chronologie est une purge bien typé début des années 90 par exemple avec un son du début du numérique bien bien perrave.

Tout ça pour dire : est-ce qu’on peut même parler d’électro avant Jean-Michel Jarre ?

 

Bref, on n’a pas tout abordé. Évidemment, des plaisirs coupables, j’en ai encore un paquet que je préfère garder pour plus tard.

 


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Enguerran a aidé Pierre à lancer Jack 3.5mm et y contribue régulièrement, en publiant des chroniques d'albums, du test de matos et gère toute la machinerie du site. A côté de ça, il est designer et développeur web indépendant.

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