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Album de la semaine : Kill the Fuse – Uncommonmenfrommars (2003)

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Chronique un peu particulière, pour deux raisons : la première est que malgré avoir passé pas mal d’années de ma vie à écouter du punk rock à l’américaine, j’en ai pas souvent parlé ici. La seconde, c’est que cette chronique a été rédigée après avoir appris le décès du batteur d’UMFM (en juillet 2021). Et bizarrement, pour parler au mieux de ce groupe de punk rock, j’ai choisi leur album le moins punk rock.

UMFM pour les intimes

Autour des années 2000, la hype du punk rock américain est à son comble : on ne compte plus les films pour ados dont la BO va piocher du Sum 41, Blink 182, Green Day, etc : ce style, qui trouve ses origines dans les années 70 n’a jamais été aussi populaire et consensuel. Mettons de côté ces têtes d’affiches (dont je n’ai rien à dire de particulier dessus, dans la mesure où ça me plaisait pas plus que ça), la scène punk rock, skate rock, hardcore mélodique a subi un boom dans les années 90, avec des figures de proue comme NoFX, No Use For A Name (RIP), Lag Wagon, qui sont un peu les darons de la scène, déjà à cette époque, sans forcément être connu du grand public.

Fin 90, en France, pas mal de groupes sont inspirés par cette vibe : Second Rate, qui tourne depuis pas mal d’années, Hogwash, Flying Donuts, Second Rate, Carving, etc. Et donc, parmi eux, et peut être ceux qui ont eu le plus gros succès : Uncommonmenfrommars (UMFM).

Le groupe se forme en 1993 et est composé de 3 frères (Trint, guitare, Ed, guitare et Daff, batterie), nés aux USA et ayant déménagé en France dans leur jeunesse et rejoint par Big Jim (basse).

UMFM pour les intimes

Premier sortie : l’EP Welcome to, en 2000. Il y a bien eu une autre sortie, en EP éponyme en 1999, mais je ne l’ai jamais eu dans les mains. Produit par Wagram, cet EP comporte déjà certains de leurs tubes : Pizzaman et Coconut Island. On est complètement dans la ligne des groupes américains, le groupe se fait connaître assez rapidement avec cet EP.

Puis la consécration : l’année suivante, UMFM part à San Francisco enregistrer leur nouvel album Vote for me, avec Ryan Greene (NOFX, et quasiment tous les groupes de chez Fat Records).

Comprenez donc : la référence de l’époque pour qui veut avoir LE son punk rock américain. A ma connaissance, il n’y a pas d’autres groupes français de cette époque qui soient passé dans ce studio. Pour les français, musiciens, amateurs de punk rock, c’est quelque chose, parce que ça veut dire que c’est possible. On peut jouer de cette musique, connaître le succès, enregistrer avec les pointures. Je pense que ça a pas mal bougé la scène française, et je pense que, si on demande, pas mal de personnes vont répondre avoir été motivé à faire de la musique à cette époque par des groupes comme UMFM. Je veux dire : des mecs comme nous, fans de punk rock, qui arrivent à côtoyer leurs idoles.

Concernant Vote for Me, c’est un disque qui n’a pas à rougir et peut se placer dans les premières positions d’une discographie punk rock américain qui se respecte. Le son est au cordeau, dans les standards de l’époque. Pour les morceaux, je ne serais pas objectif, j’ai bien bien poncé le disque à force de l’écouter.

À noter pour l’anecdote, il me semble, un featuring avec Bracket (un autre très bon groupe de cette époque et qui joue toujours je crois) sur le morceau Jessie@Dublin.com.

Kill the Fuze

Puis, en 2003, le groupe sort Kill The Fuze, un EP acoustique, avec certaines reprises de leurs morceaux déjà connus + des nouveaux morceaux. Il faut dire qu’un disque acoustique pour un groupe dans ce style, c’était plutôt normal, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Ça se faisait assez souvent finalement d’avoir au moins un morceau acoustique par album, donc ça n’a choqué personne.

Kill the Fuze est une pause entre les 2 albums phares du groupe : Vote for Me et Noise Pollution (qui sortira l’année suivante). On y retrouve des morceaux des 2 albums, et met en avant le côté composition du groupe, et ses arrangements vocaux. Ce n’est pas qu’un groupe qui joue des morceaux speed pour ados, ce sont de vrais songwriters et qui porte un soin (et un goût assez prononcé) pour les chœurs vocaux. Tout ça, on le trouve déjà dans les disques précédents, mais Kill The Fuze le met vraiment en valeur avec une très grande authenticité (oui, on est sur un son beaucoup moins retravaillé qu’avec Ryan Greene).

Cet EP est aussi la vitrine de leur morceau le mieux écrit (enfin, pour moi), dont la version “normale” sortira sur Noise Pollution l’année suivante : Dark Sunday.

Suite et fin

Après Noise Pollution, je dois avouer que je n’ai pas trop suivi l’actu du groupe et les albums suivants. Je ne sais pas si ça venait de moi, j’étais passé à autre chose, ou bien si la hype du punk rock américain était tout simplement passée : l’insouciance de cette scène avait peut être fini par lasser, je sais pas. Quoiqu’il en soit, ils restent très actifs, puisque si je n’ai parlé que de 2 albums, il y en aura 4 autres qui suivront, jusqu’en 2010.

Le groupe annonce qu’il se sépare en 2013. Je suis allé les voir en concert d’ailleurs, pas longtemps avant cette annonce et j’y ai retrouvé ce pourquoi j’écoutais cette musique à l’époque : le rêve du punk rock américain.

Le groupe s’est reformé en 2017-2018 pour quelques dates. Officiellement séparés, en 2021, le décès de Daff, le batteur, marque la fin irrévocable, je pense, d’UMFM.

Mais tout n’est pas fini : le mois dernier, UMFM a annoncé un remaster + réédition vinyle de Welcome to et Vote for me, toujours dispo ici !


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Enguerran a aidé Pierre à lancer Jack 3.5mm et y contribue régulièrement, en publiant des chroniques d'albums, du test de matos et gère toute la machinerie du site. A côté de ça, il est designer et développeur web indépendant.

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